Premiers Status de Caromb (1371, 1387)
Ces statuts communaux furent dressés le 13 mars 1371 par la communauté et le bayle de Caromb, et établis par le notaire Jordanus de Portii.
"Sequntur statuta ordinata per universitatem tam nobilium quam pleberorum castro de Carumbo" .
Normalement les consuls étaient en charge de rédiger les status pour la bonne administration de la ville.

Une copie contemporaine des statuts montre les 115 articles rédigés en latin sur 40 pages.

Ces status touchaient des domaines très variés comme l'organisation des gardes des portes, des marchés,
 les droits d'arrosage, les peines et amendes en cas d'infraction ou les relations avec le seigneur.
Cela posait parfois de grandes difficultés, aussi à Caromb, les consuls laissèrent le soin de rédiger ces status
 à une commission spéciale.

Source :  Bibliothèque nationale, ms. latin 10128, fol. 16 v° (Status de Caromb)

voir Mémoires de l'Académie de Vaucluse 1906, page 73


D'autre part, le 15 septembre 1387, des statuts communaux furent dressés par Anthonius Varecelli, procurator universitatis de Carumbo.
La copie, du début du XVIIe siècle, signée Jacques, est conservée dans un registre qui porte sur le plat supérieur l'inscription suivante :
 "il faut conserver à perpétuité le présent livre dans les archives de notre maison et y insérer tous les actes qui pourraient servir à conserver le Droict". "Statuta loci Carumbi de anno 1387. 15 septembre 1387
Articles non comptabilisés (69 fol., latin).
Source : Bibl. Inguimbertine Carpentras ms. 2227




Premier cadastre de Caromb (1414)

En 1414, les Trois Etats du Comtat Venaissin décidérent une réévaluation générale des fortunes afin détablir de façon plus équitable les taxes et autres impôts.
L'idée était louable et chaque village se mis au tavail pour recenser
son patrimoine foncier : terres, maisons, moulins, fours, etc..et créer un premier cadastre.
Cela prit quelques années, et le premier cadastre comtadin exista en 1418.


On prit, bien sûr, la peine de séparer les biens des nobles et de ceux des gens d'Eglise. Il fallait passer à la répartition des charges.
Le nouveau cadastre aurait pû abolir ou du moins atténuer
les privilléges des différents ordres mais ce ne fut pas le cas
à cause de la réaction des nobles locaux et par l'intervention de la hiérarchie de l'Eglise. Le recteur trancha pour un impôt direct en 1418 et 
répartit l'impôt à raison de trois quart pour les communautés et un quart pour la noblesse et le clergé

Sur les 150 communautés comtadines, environ un cinquantaine d'enquêtes cadastrales ont été conservés, mais pas celle de Caromb.
D'ailleurs, on peut se demander s'il a vraiment existé ! 
Le cadastre de 1414 de Caromb n'a pas laissé de trace. Il est très possible qu'il n'y en eut jamais
et on peut faire l'hypothèse que Caromb, ayant échappé à l'opération d'estime de 1414, dut s'y plier en 1418..

En tout cas, la communauté carombaise  se souviendra de la répartition des charges qui suivit la réalisation de son cadatre : 

« le 2 août 1581, la communauté de Caromb se plaignait aux Elus d'avoir été plus imposée qu'elle ne devait l'être d'après son cadastre rédigé en 1418»

Vérification faite, le consul de Caromb protestait «parce qu'on avait coté le lieu plus que selon la cote ancienne qui était de 22 florins 1/2 par millier suivant l'estime
qui fut faite en l'année 1418, par laquelle fut estimée en son domaine et terroir 1.400 florins» 
En fait, on sait qu'une taille calculée à 22 florins 1/2 pour 1.000 fut répartie en 1425, où Caromb fut imposée pour 562 florins 1/2 selon une assiette de 25.000 florins.
Les chiffres et la date avancés par le consul sont faux. Tout ce qu'il est possible d'affirmer, c'est qu'à la fin du XVIe siècle la mémoire collective n'avait pas oublié
l'existence de la répartition de 1418, ce qui ne permet pas d'en déduire qu'on s'en était servi jusqu'alors. La protestation de Caromb figure au milieu du refus
de plusieurs autres communautés de contribuer à une taille. Par ailleurs, il est possible que la source de l'estime de Caromb à laquelle il est fait allusion en 1581
soit ce que la communauté avait conservée dans ses propres archives. Caromb occupe en effet une place à part, contribuant rarement aux tailles et n'envoyant
presque jamais de délégué aux réunions des trois états, en particulier pas en 1416 et 1417

Source : Le cadastre, le pouvoir et la terre. Le Comtat Venaissin pontifical au début du XVe siècle. Monique Zerner 
Publications de l'École française de Rome / Année 1993



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