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IV.3. Un prince à Orange : Bertrand Ier des Baux.

    Hugues parti en sardaigne, c'est son frère Bertrand Ier (1130-1181), le grand-père de Barral, qui reprit le flambeau de la famille que toutes les guerres "baussenques" avaient affaiblie. Il redora son blason par son mariage avec Tiburge II d'Orange, fille de Raimbaud III. Lorsque ce dernier mourut en 1175, il laissa un testament l'instituant comte d'Orange. Il récupéra ainsi les fiefs de Suze et de Suzette. Son beau-frère Raimbaud IV lui avait déjà légué ses biens à Orange, à Jonquières, à Courthézon et en deça du Rhône. Le dernier descendant de ses beaux-frères testa encore en sa faveur. Ainsi il devint possesseur du comté d'Orange dans sa totalité, sauf la partie qui avait été donnée aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Ce comté se disait indépendant depuis longtemps et ne relevait que de l'empereur.
   La baronnie des Baux, ses dépendances et les pâturages de la Crau qui appartenait à la descendance de son frère Hugues lui revint par testament.
   Lorsque
l’empereur Frédéric Barberousse, toujours suzerain des terres à l’est du Rhône, entendit affirmer ses droits et vint recevoir la couronne de roi d’Arles en 1178, Bertrand Ier, assista au couronnement et reçut de l'empereur le droit de se qualifier de " prince d'Orange ", " d'en prendre les armes, d'user de ses prérogatives et de porter la couronne et tous les insignes de la souveraineté. Il obtiet le privilège de marcher, enseignes déployées, des Alpes au Rhône et de l'Isère à la Méditerranée.

oarange                            baux orange
    Maison d'Orange                          Les Baux-Orange

    Prince d'Orange, héritier des domaines ancestraux et des possessions de la famille de son épouse, Bertrand Ier des Baux occupait alors la première place parmi les seigneurs de la région. Les Agoult, maître de leur vallée de Sault ou les Mévouillon aux limites des comtés de Forcalquier et du marquisat de Provence avaient aussi reçu le titre de prince immédiat de l'Empire mais ne gouvernaient que quelques vallées des Baronnies. Les Baux étendaient alors leur puissance de la Camargue au Diois. Pour certains de ses fiefs il était vassal du comte de Toulouse Raimond V qui avait obtenu l'hommage de nombre de barons de la Drôme et du marquisat.. 

    Les communautés du Comtat avaient profité de toutes ces périodes agitées pour se donner une constitution consulaire.

    Bertrand Ier mourut en 1181 et fut enterré dans l'abbaye de Sylvacane qu'il avait fortement dotée. Les terres de Sylvacane avaient été données par son père aux moines de Sainte Marie de Morimond dès 1147, afin d'y construire un monastère, suivant les statuts de l’ordre des Cisterciens. Bertrand les avait soutenu pour la construction de ce monastère.
Il avait doté aussi Saint-Victor de Marselle, Montmajour, Frigolet et d'autres communautés religieuses de la région.

    Il eut une nombreuse progéniture de son épouse Tiburge, parmi lesquels trois fils :

  • Hugues (1173-1240), le père de Barral, qui était vicomte de Marseille et consul d'Arles  

  • Bertrand, second fils, qui recevra pour sa part de l'héritage paternel  les fiefs de Meynargues, Puyricard, Berre, Marignane et Eguilles  

  • Guillaume, sera le deuxième prince d'Orange de sa Maison à la mort de son père.
    Il eut aussi une fille nommée Tiburge qui épousa le seigneur de Montélimar, Lambert Adhémar. 

sceau Baux d'Orange
Sceau des Baux d'Orange